About IKLIM
Un souffle en mouvement entre héritage et création
Nourries d’histoire, de traditions et d’improvisation, les compositions d’IKLIM transforment les héritages en récits contemporains, où timbres, souffles
et textures deviennent langage. Une musique en migration,
à la fois enracinée et résolument actuelle.

IKLIM est né d’un parcours atypique.
Yoorim Won ne connaissait presque rien à la musique traditionnelle de son pays. C’est à Paris qu’elle commence à l’explorer. Dans cette ville où les cultures se croisent, elle s’immerge pendant des années dans des esthétiques venues du monde entier. Elle les écoute, les aime, les traverse.
Elle comprend que le jazz incarne une liberté essentielle et qu’il deviendra le fil conducteur de son parcours, s’inscrivant ainsi naturellement au croisement des esthétiques qu’elle traverse.
Au CMDL, elle se forme auprès de musicien·nes venu·es du monde entier, expert·es de leurs traditions, nourrissant le désir d’y revenir un jour avec profondeur, amorçant une réflexion au long cours sur ce que peut être une « véritable fusion ». Pour ouvrir ce premier chapitre, elle choisit la Corée. Non par nostalgie identitaire, mais pour explorer en profondeur tout ce que la notion de fusion peut contenir.
Mettre en oeuvre une telle vision de la fusion exigeait avant tout de s’entourer des musicien·ne·s justes. Léo, batteur, en est le socle. Sans lui, le projet n’aurait tout simplement pas pu exister. Il ne s’agissait pas de trouver un musicien capable de « bien jouer » une tradition, mais quelqu’un capable de l’écouter, de la comprendre et de la transformer de l’intérieur. Leo possède cette écoute rare, toujours riche de surprises. Matis, contrebassiste, apporte une dimension essentielle par son goût pour l’expérimentation, qui enrichit la matière sonore collective et renforce la cohésion musicale du groupe. Julia (piano, remplaçant Nina présente sur l’album) impulse une énergie déterminante au quartet, avec une capacité précieuse à stimuler l’élan collectif et à ouvrir de nouveaux espaces de jeu.
Et Yoorim relie les voix. Par sa présence scénique et son sens du récit, elle oriente l’écoute et ouvre l’imaginaire du public, l’invitant à un voyage plus lointain et plus intime. Issu·e·s d’un long parcours commun (CMDL), les musicien·ne·s forment aujourd’hui une identity collective : IKLIM.
Leur démarche ne se limite pas à emprunter des rythmes, des mélodies ou des sonorités. Ils élaborent leur propre méthode. Au-delà des formes musicales, ils convoquent la mémoire collective, l’histoire et la culture, sculptant le son afin d’y insuffler des émotions singulières et difficiles à traduire, telles que le Han (tristesse condensée). Malgré la distance géographique, le manque de sources et l’absence de transmission directe, ils s’engagent dans une exploration approfondie, qui les conduit à une reconnaissance par des détenteurs du patrimoine culturel immatériel.
Cette recherche se matérialise notamment dans une démarche instrumentale singulière. À partir du glissando headjoint, Yoorim Won développe une approche inédite lui permettant de reproduire avec précision les courbes mélodiques et les techniques de jeu du daegeum, grande flûte traditionnelle coréenne. Bien plus qu’un dispositif technique, cet instrument devient un outil de traduction musicale, capable de relier des langages, des esthétiques et des traditions différentes. Yoorim Won est la première musicienne à avoir explorée et développé cet instrument de cette manière, ce qui lui a valu récemment le titre de première ambassadrice officielle décerné par son inventeur, Robert Dick.
Autour de cette flûte modifiée se déploie IKLIM — un projet né dans le creuset culturel parisien, où se rencontrent des musicien·nes de différentes origines. Le quartet enveloppe, soutient et transforme cette matière sonore, en intégrant également le taepyeongso (hautbois traditionnel coréen).
Les compositions puisent dans l’histoire, la culture et les traditions pour construire des récits musicaux où écriture et improvisation dialoguent étroitement, donnant naissance à une musique profondément contemporaine, à la croisée du jazz et des musiques traditionnelles. Le projet IKLIM s’inscrit dans une dynamique de création au long cours. Son premier volet a été soutenu par le programme d’aide aux artistes de la Région IDF. Un second album est actuellement en cours de composition, soutenu par Le Réacteur (92), dirigé par le co-président de RFI.



